A quelques semaines de la tenue de la Conférence mondiale sur le climat (COP 21) qui se déroulera à Paris du 30 novembre au 11 décembre, la France vient de franchir le cap des 10 000 mégawatts éoliens raccordés au réseau électrique.

En 2009, dans le cadre de sa programmation pluriannuelle d’investissement pour la production d’électricité, la France s’était fixé comme objectif intermédiaire l’installation, à terre, de 10 500 MW au 31 décembre 2012 pour atteindre, à l’horizon 2020, 19 000 MW. Le calendrier prévu initialement a connu un décalage de trois années. Ce retard est dû à l’existence de freins de plusieurs natures, dont bon nombre ont été levés. En effet, ces trois dernières années, des mesures de simplification administrative et la sécurisation du tarif d’achat éolien ont permis un redéploiement marquant de la filière avec, depuis l’année dernière, une reprise du rythme annuel de croissance : en 2014, un peu plus de 1 000 MW ont été raccordés. En 2015, cette reprise se confirme sur le premier semestre. Malgré tout, le rythme annuel reste insuffisant et bien loin des 4 000 MW raccordés chaque année Outre-Rhin.



La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte est venue renforcer l’effort de simplification du cadre juridique. Ainsi l’autorisation unique, qui ne concernait que 7 régions, sera expérimentée sur l’ensemble du territoire national et, après la phase d’expérimentation, devrait être pérennisée.

Afin d’accélérer la dynamique enclenchée par cette vague de mesures favorables à l’éolien et d’atteindre, dans les temps, l’objectif de 19 000 MW, il reste, néanmoins quelques derniers freins à lever :

  • en matière de simplification en dispensant les parcs éoliens des formalités liées à l’urbanisme ou encore en définissant des procédures d’autorisation simplifiées pour le renouvellement des parcs existants par des éoliennes plus performantes ;
  • en matière d’acceptabilité, par exemple en révisant les règles de balisage et de cohabitation avec les radars ;
  • en matière de consolidation du cadre économique de la filière éolienne terrestre avec un dispositif de rémunération du kWh sécurisé et adapté à la filière.

La loi de transition énergétique a fixé un objectif de 40% d’EnR dans la production électrique nationale pour 2030 ; l’éolien occupera une part importante dans ce nouveau mix énergétique, comme la Programmation Pluriannuelle de l’Energie devrait le confirmer prochainement.