L’Afsset publie de nouvelles valeurs guide de l’air intérieur pour le Tétracholoroéthylène (perchloroéthylène), le trichloroéthylène, le naphtalène et les particules.

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Le tétrachloroéthylène (encore appelé perchloroéthylène) est un solvant utilisé par les pressings pour le nettoyage à sec des vêtements. Le trichloroéthylène est une substance classée comme cancérogène probable (C2) au niveau européen. Le naphtalène est principalement émis par les produits anti-mites, les résines et par certains sols pollués. Les «particules» (PM) désignent l’ensemble de la matière solide et/ou liquide en suspension dans l’air pouvant provenir de diverses sources extérieures.

1. Le tétrachloroéthylène (encore appelé perchloroéthylène) est un solvant utilisé par les pressings pour le nettoyage à sec des vêtements. Il peut provoquer des effets neurologiques, rénaux et hépatiques.
La concentration dans l’air couramment observée est de l’ordre de quelques microgrammes par mètre cube (μg.m-3) (résultats de l’observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) ; 2006). En revanche, des concentrations élevées, de l’ordre de plusieurs milliers de µg.m-3, ont été mesurées dans des logements situés au dessus de certains pressings.
L’Afsset propose une valeur guide de qualité d’air intérieur (VGAI) pour les expositions de courte durée à 1380 µg.m-3 et une VGAI pour les expositions de longue durée à 250 μg.m-3.

2. Le trichloroéthylène est une substance classée comme cancérogène probable (C2) au niveau européen. Elle peut provoquer aussi des effets neurologiques. Elle est principalement utilisée dans un cadre professionnel (dégraissage des métaux) et émise par certains matériaux de construction et produits domestiques. Il existe également des sources extérieures (sols ou eaux souterraines) résultant de pollutions passées.
D’après la campagne « logements » de l’OQAI, la concentration couramment observée (75% des logements) est inférieure à 1,6 µg.m-3. Cependant quelques valeurs sont très élevées (une valeur maximale à 4087 µg.m-3).
Dans une première étape, l’Afsset propose de retenir une valeur de 20 µg/m3 pour les expositions de longue durée correspondant à un excès de risque de survenue d’1 cas de cancer pour 100.000 habitants par an. Les données de l’OQAI montrent qu’elle est déjà respectée par 97% des logements. Cependant, pour une substance cancérogène sans seuil d’effet, il convient de rechercher toujours le niveau le plus bas possible. Par conséquent, l’Afsset propose d’ores et déjà de viser à terme une VGAI de 2 µg/m3 pour le trichloroéthylène. Celle-ci n’est respectée aujourd’hui que dans 80% des logements (OQAI).

3. Le naphtalène est principalement émis par les produits anti-mites, les résines et par certains sols pollués. L’air extérieur contribue également (trafic, chauffage, industries, etc.) aux niveaux de concentrations de naphtalène retrouvés dans des environnements intérieurs. Cette substance peut provoquer des anémies hémolytiques.
L’Afsset propose une VGAI de 10 µg.m-3 pour les expositions de longue durée.

Pour ces trois premières substances, quelques cas de contamination importante dans l’air intérieur ont été rapportés. Ils concernent des bâtiments construits sur ou à proximité d’une source émettrice. Il parait ainsi nécessaire de s’intéresser particulièrement aux logements situés à proximité de pressings utilisant du tétrachloroéthylène et aux bâtiments construits sur ou à proximité de sols pollués par du trichloréthylène et/ou du naphtalène. On notera également l’importance des mesures de prévention technique et de substitution du perchloroéthylène dans les pressings, pour prévenir tant les expositions des professionnels exposés que de la population générale demeurant à proximité de ces installations.

4. Les « particules » (PM) désignent l’ensemble de la matière solide et/ou liquide en suspension dans l’air pouvant provenir de diverses sources extérieures (trafic, industries..) et d’activités domestiques (cuisson, chauffage, tabagisme…). Les PM2.5 correspondent à des particules de diamètre inférieur à 2.5 µm et les PM10 à des particules de diamètre inférieur à 10 µm. Ces particules peuvent provoquer des atteintes respiratoires (asthme, broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO)…) et cardio-vasculaires.

L’Afsset recommande la mise en œuvre par les pouvoirs publics des valeurs guides de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’amélioration de la qualité de l’air intérieur pour les particules, soit :

Sur 24 heures : 25 µg.m-3 pour les PM2,5 et 50 µg.m-3 pour les PM10
Sur le long terme : 10 µg.m-3 pour les PM2,5 et 20 µg.m-3 pour les PM10

L’agence recommande également de donner la priorité à la réduction des pollutions à la source en agissant sur les émissions de particules dans l’air intérieur, mais aussi dans l’air ambiant (combustion du bois, du charbon et du fuel, industries, transports, agriculture…).

Plus précisément, il n’est pas possible de définir de véritables VGAI pour les particules parce qu’elles représentent des mélanges très complexes et très variables de particules de toutes tailles, de toutes compositions chimique et biologique. Les effets sanitaires ne peuvent donc être déterminés avec exactitude avec les données actuelles.

Cependant, les concentrations en particules dans les intérieurs peuvent être localement très élevées (de l’ordre de plusieurs centaines de µg.m-3), et des concentrations similaires dans l’air extérieur sont connues pour avoir un impact significatif sur la santé, et ce de manière bien documentée. Sachant qu’une partie significative de la pollution intérieure aux particules provient de la pollution atmosphérique extérieure, des rapprochements sur leurs effets sanitaires peuvent être faits. L’Afsset considère donc qu’il y a lieu d’agir. C’est pourquoi elle propose de retenir les valeurs de l’OMS qui peuvent être considérées comme protectrices.

La qualité de l’air intérieur

La population passe en moyenne 85% de son temps dans des environnements clos : habitat, locaux de travail ou destinés à recevoir du public, moyens de transport. Elle s’expose alors à de nombreux polluants.
L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a montré en 2006 qu’un quart des logements français présentaient de fortes concentrations d’un ou plusieurs polluants, posant ainsi la question de l’apparition d’effets sur la santé pour leurs occupants. En l’absence de référentiel sanitaire, l’Afsset s’est alors autosaisie dès 2004 afin d’élaborer des « valeurs guide de qualité d’air intérieur » (VGAI). Une VGAI est définie comme une concentration dans l’air, associée à un temps d’exposition, en-dessous de laquelle aucun effet sanitaire n’est attendu pour la population générale. Ces valeurs doivent permettre aux pouvoirs publics de définir des seuils et d’initier des mesures de gestion visant à assurer une bonne qualité de l’air dans les environnements intérieurs.
L’Afsset a mobilisé son comité d’experts spécialisés « évaluation des risques liés au milieu aérien » pour valider ces valeurs. Elle a également mis en place un groupe de travail chargé de les préparer. Il a dressé une liste de substances prioritaires devant faire l’objet d’élaboration de VGAI (formaldéhyde, benzène, monoxyde de carbone, particules, naphtalène, phtalate de di(2-éthylhexyle) (DEHP), dioxyde d’azote, acétaldéhyde, trichloréthylène, tétrachloroéthylène, ammoniac, radon). Des VGAI ont d’ores et déjà été publiées pour le formaldéhyde, le monoxyde de carbone et le benzène en 2007 et 2008.
Ces travaux de l’Afsset sur l’air intérieur s’inscrivent dans une démarche plus large de réduction des risques liés à l’exposition aux polluants de l’air intérieur, mise en avant dans le plan national santé environnement. Elle fixe comme priorité la réduction à la source des polluants. Cela suppose un effort sur les dispositions constructives (ventilation, matériaux mis en œuvre) et sur les comportements. Dans ce contexte, en 2009, l’Afsset a présenté un protocole de qualification des émissions des matériaux de construction et de décoration. Ce protocole ouvre la voie à l’étiquetage des matériaux les moins émissifs en polluants.

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