En examinant les montants versés par les divers lobbyistes aux Etats-Unis, on court le risque d’alimenter certains clichés concernant l’omniprésence de l’argent dans la vie publique américaine. Or, il convient de rappeler que le lobbying est ici une pratique acceptée, dotée d’un système de transparence qui oblige les lobbyistes à se déclarer auprès du Congrès. Les firmes de lobbying figurent sur une liste publique, accessible par tout un chacun. Le Président Obama a par ailleurs, dès sa première semaine en fonction, renforcé les garde-fous avec un décret présidentiel limitant l’embauche dans la branche exécutive de salariés issus de secteurs d’activités qu’ils pourraient être amenés à réglementer.

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On ne peut cependant s’empêcher d’être impressionné par les niveaux qu’atteignent les efforts des lobbyistes sur les deux grands dossiers du moment : la réforme du système de santé et la mise en oeuvre d’une législation énergie/climat. Sur ce deuxième sujet, une étude publiée cette semaine par l’Internal Revenue Service (IRS – fisc américain) s’avère fort instructive.

L’IRS déballe tout

D’après l’IRS, l’American Petroleum Institute (API), consortium des principales entreprises pétrolières, a dépensé à lui seul $75,2 millions et l’American Coalition for Clean Coal Electricity (ACCCE), consortium du secteur charbonnier, a déboursé $40 millions en publicités et en démarches de communication, que ce soit auprès du grand public ou auprès d’autorités d’états fédérés ou fédéral. Contrairement à la déclaration obligatoire au Congrès, la publication de l’IRS permet de mesurer non seulement les contributions au lobbying direct, mais l’ensemble des dépenses de relations publiques, publicité comprise.

L’IRS révèle que les montants engagés par les entreprises du secteur pétrolier et charbonnier se montaient déjà à $115 millions en publicité en 2008, un niveau inégalé par le passé. Elle révèle également l’ampleur des campagnes de relations publiques qui ne s’adressent pas uniquement au sénateurs et députés. Les $75 millions déclarés par IRS sont environ 15 fois plus élevés que ce qu’API avait déclaré auprès du Congrès pour le lobbying au niveau fédéral. Quant à l’ACCC, c’est un facteur 4 entre ce qu’elle a dépensé en lobbying proprement dit et ce qu’elle a déclaré au fisc comme dépenses de communications et de relations publiques. La guerre de communication sévit donc aussi sur les ondes (télévision et radio) et dans les contacts de terrain, pas seulement sous les voûtes du Capitole.

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