Mettant en lumière des cas concrets de violations de droits sociaux et environnementaux par des multinationales nominées, ces Prix sont l’occasion de dénoncer le fossé entre les discours « développement durable » et les actes réels constatés sur le terrain. Au travers des Prix Pinocchio, ces organisations militent pour un encadrement juridique contraignant des activités des multinationales.



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Les Amis de la Terre France, en partenariat avec le CRID et Peuples Solidaires, lancent aujourd’hui la septième édition des Prix Pinocchio du développement durable et appellent au vote sur www.prix-pinocchio.org. Neuf entreprises sont ainsi nominées dans trois catégories [1]:

·        Plus vert que vert : prix décerné à l’entreprise ayant mené la campagne de communication la plus abusive et trompeuse au regard de ses activités réelles.

·        EDF et le charbon de Serbie

·        Pur Projet et la compensation carbone au Pérou

  • GDF Suez et les « obligations vertes »

 

·        Mains sales, poches pleines : prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus opaque au niveau financier (corruption, évasion fiscale, etc.), en termes de lobbying, ou dans sa chaîne d’approvisionnement.

·        Perenco, pétrolier opaque en République Démocratique du Congo

·        Samsung et l’exploitation d’enfants en Chine

  • Lyon-Turin Ferroviaire et les tunnels sous les Alpes

 

·        Une pour tous, tout pour moi ! : prix décerné à l’entreprise ayant mené la politique la plus agressive en termes d’appropriation, de surexploitation ou de destruction des ressources naturelles.

·        Shell et les gaz de schiste en Ukraine et Argentine

·        Total et les hydrocarbures au Nigéria

·        Crédit Agricole et le charbon des Appalaches

Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre France, commente : « Les approches volontaires et chartes éthiques se multiplient, mais faute de traduction dans un cadre légal contraignant au niveau français, européen et international, les multinationales continuent d’agir en toute impunité, comme en témoignent les Prix Pinocchio. Nos gouvernements doivent avoir le courage d’affronter les lobbies et de réguler réellement ces activités, pour que cessent les atteintes répétées aux droits de l’Homme et à l’environnement [2] ».

Selon Pascale Quivy, déléguée générale du CRID : « A moins d’un an de l’adoption des futurs Objectifs du Développement Durable [3], les acteurs de la société civile s’inquiètent du rôle de plus en plus important confié au secteur privé marchand, et notamment aux multinationales, sans contre-partie en matière de responsabilité sociale, environnementale et fiscale. Les Prix Pinocchio doivent permettre d’attirer l’attention de l’opinion sur ces lacunes et d’inciter les pouvoirs publics à y remédier ».

Fanny Gallois, responsable des campagnes de Peuples Solidaires-ActionAid France conclut : « Les Prix Pinocchio se font l’écho des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui se mobilisent dans le monde pour faire respecter leurs droits face à des entreprises ignorant délibérément leur responsabilité sociale et environnementale. Ils donnent également une voix à tous ceux qui, chez nous, refusent d’être dupes des beaux discours que ces  entreprises  tiennent pour  se  dédouaner des effets parfois catastrophiques de leurs activités dans les pays de production ».

 

La mobilisation autour des Prix Pinocchio se déroulera du 9 octobre au 18 novembre, 2014, date de la cérémonie de remise publique des Prix [4]. Des focus bi-hebdomadaires seront effectués afin d’éclairer au mieux chaque cas. Des groupes locaux des Amis de la Terre et de Peuples Solidaires organiseront des actions en région.

Pour en savoir plus, rendez-vous ici : prix-pinocchio.org