Alors que les Nations Unies attirent l’attention de tous en cette journée internationale de lutte contre la corruption, les grandes entreprises françaises sont désormais concernées par une obligation de prouver leur probité en la matière.

C’est un des volets de la loi Sapin 2 sur la transparence et la lutte contre la corruption. Seront concernées les structures de plus de 500 salariés et valorisant un chiffre d’affaires de plus de 100 millions d’euros, qu’elles soient des entreprises ou des établissements publics à caractère industriel et commercial. « Extraction, transports, BTP, énergie… les filières particulièrement concernées par ce projet de loi sont nombreuses », énumère Charles Baratin, chef de produit d’AFNOR Certification.

Sensibiliser les collaborateurs à la norme volontaire ISO 37001

Tout récemment parue au niveau international, la norme volontaire ISO 37001 donne les lignes directrices d’un bon système de management anti-corruption.

C’est un mode d’emploi pour garantir que l’entreprise, son personnel, ses fournisseurs et sous-traitants mettent les moyens en œuvre pour se prémunir contre toutes les formes de corruption.

« En sollicitant un organisme tierce-partie pour attester du respect de la norme, l’entreprise démontre qu’elle systématise des exercices comme l’identification des risques ou la sensibilisation des collaborateurs », résume Charles Baratin.

Une démarche utile à toutes les grandes entreprises soucieuses d’éthique, peut-être plus concernées que d’autres plus petites par la nécessité d’harmoniser les pratiques entre filiales, a fortiori si ces filiales sont implantées dans des pays moins à cheval sur l’intégrité. À l’heure de la mondialisation, des lanceurs d’alerte et des réseaux sociaux, une entreprise ne peut prendre le risque qu’un cas de corruption, présumé ou avéré, ne démolisse sa réputation.

Des audits annuels anti-corruption

Comme toute certification de système de management, à l’instar de l’ISO 9001 pour améliorer la satisfaction de ses clients, la certification ISO 37001 conduit l’entreprise à recevoir, chaque année, des auditeurs possédant un bagage technique spécifique. « Leur rôle est de vérifier que les critères sont bien respectés et que l’entreprise est organisée pour progresser », résume Charles Baratin.

Adoption d’une politique anti-corruption, désignation d’une personne chargée de superviser la conformité à cette politique, sélection et formation des employés, évaluation des risques de corruption relatifs à certains projets ou partenaires commerciaux, moyens de contrôle financiers, procédures de signalement et d’enquête… Si l’ensemble des moyens déployés va dans le sens de la norme, le certificat AFAQ ISO 37001 est accordé et constitue un élément probant et objectif pour communiquer de manière crédible.